Grands espaces

L’image de couverture est assez parlante, à mon humble avis, et en dit déjà beaucoup sur le jeu : léger et sympa. En tous cas c’est ainsi que je l’ai ressenti avant même l’ouverture de la boîte. Et l’impression est demeurée une fois la boîte ouverte et encore une fois la première partie lancée. Donc je le l’affirme sans ambages, le ramage se rapporte au plumage.

Or donc nous voici face à un jeu au matériel assez chatoyant (Ah ! les dindons) même s’il est sobre dans le même temps. Quatre plateaux individuels, un pour chaque joueur bien sûr, un plateau central, une multitude de tuiles, de cartes, de jetons et de pions de bois de diverses formes qui personnifient la brique, la pierre, le bois, les dindons et les pions des joueurs.

Et après ?

Nous sommes en présence d’un jeu de construction qui réunit tous les ingrédients du genre avec pour mot d’ordre la simplicité. Des règles s’entend. Elles s’apprennent en quinze minutes top chrono. Le moteur du jeu n’est autre que la pose d’ouvriers. Chaque joueur pose à tour de rôle un de ses ouvriers sur l’endroit de son choix et exécute l’action, et ainsi de suite jusqu’à ce que tous les joueurs aient posé tous leurs ouvriers.

Mais alors, direz-vous, où est l’intérêt. En fait si marquer des points est assez simple, concevoir une bonne stratégie ne l’est pas autant. Les actions permettent de faire produire ses propres lieux de production, de prendre une tuile de terrain à poser sur son propre plateau, de réserver un bâtiment (afin de la construire plus tard), de construire un bâtiment que l’on a réservé ou visible sur le plateau, de devenir premier joueur, d’échanger de place ses tuiles de terrain.

Bâtiment ou terrain ?

Pour scorer, à la fin de la partie uniquement, plusieurs possibilités. Les bâtiments rapportent des points, et encore davantage plus on les construit tôt. Mais construire n’est pas nécessairement facile. Il faut produire des matières. Or les entrepôts ne sont pas légions. Parfois, il faudra donc choisir entre construire précocement un bâtiment qui rapporte peu de points, avec un gros bonus de précocité, ou attendre pour un bâtiment qui donnera plus de points, mais avec un bonus moindre.

Les tuiles de terrain vont aussi rapporter des points, de deux manières. Certaines tuiles donneront des bonus en fin de partie en fonction de la situation. Et un alignement de terrains de même type sur son plateau donne aussi des points, jusqu’à 24 ce qui est fort appréciable. Mais plus on place de tuiles de terrain, plus on perd d’ouvriers, jusqu’à quatre si tous les emplacements sont recouverts. Et comme on dispose de quatre ouvriers en début de partie … ce n’est pas joué d’avance, même si on en gagne un dès le deuxième bâtiment.

Malgré sa simplicité, ce jeu a tout pour plaire. Un peu de stratégie, mais pas trop, un peu d’opportunisme, mais pas trop, un peu de hasard, mais pas trop. Bref, un peu de tout et de tout un peu. Le bon mélange en quelque sorte. Sans compter qu’il brille par sa rapidité, compter 45 minutes pour une partie. Un jeu de fin de soirée idéal en quelque sorte

The River est un jeu d’Ismaël Perrin et de Sébastien Pauchon, édité par Days of Wonder, pour 2 à 4 joueurs, durée de la partie environ 45 minutes, lecture des règles environ 15 minutes.